14 septembre 2009

Maria

Le Roman est écoeurant.

Le Roman est écoeurant à force d'être.

Le Roman est écoeurant à force d'être là sans s'avancer ni s'imaginer, désir sourd d'une poitrine que mille litres d'eau fraîche buent d'un trait ne suffirait pas à taire. Il vous commence toujours.

Quand Maria prit sa jupe savamment roulée en boule sur le tabouret, Maria remarquât l'empreinte mouillée de son pied sur le béton noir qui s'évaporait. Dans un savant ballet de gestes élastiques et musclés elle s'habillait en cette chaude journée de Mai. Son chemisier bouton d'or Dior froissé lui donnait cet air savamment négligé qu'elle aimait assortir de sa classe naturelle patiemment travaillée : oxymore en jupon qui à l'âge de treize ans, à l'aube, perdit sa virginité à demi nue dans la ruelle d'un village ardéchois, le dos et les fesses meurtries par un matelas de gravier détaché d'un bitume appauvri ; la veille il l'avait doigtée toute la soirée sur le parking du Point 2000 dans sa 4L blanche et poussive.

Jeanot écrivait assit sur son lit mort : pauvre matelas dans un coin de l'appartement à même les lattes du parquet flottant, la couette beige et sale dans sa housse blanche un jour, au curieux froufrous de princesse, un plaid polaire à carreaux roulés en boule aux pieds. La radio débitait la fréquence populaire que Jeanot écoutait pendant les matchs du championnat de football français. Paris menait.

- Les compresseurs tapent dans le rouge.

Il avait longtemps soigné sa dépression nerveuse constitutive de lui par l'alcoolisme compulsif et l'hypnose télévisuelle, laissant le temps, ce médicament, calmer ses crises de mélancolie forte. Il écrivait des poèmes par flemme et don pour la synthèse qui laisse tant de temps au vide chéri.

Le Roman ne se justifie pas.

Maria éteignit son Mac Book noir et si plat.

Ecrire un commentaire