31 août 2009

Manche

En mer l'eau ne dort jamais

Elle vous regarde parfois

Sonnant comme un ventre

Le  noir mouillé de la mer

Dans la coque à la proue

Je suis dans mon ventre

L'horizon s'établi

Le plus grand sous vos yeux

L'infini tout petit

Solide et concret

Le phare est unique

Fiable ami opposé du

Mensonge collectif

Lumière vitale

Dans la nuit

Cap serein

Destinée

La seule

Raison

D'être

 

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21 août 2009

Post-report maritime

Mer gauffrée

Mer lumière

Dernière lumière du jour

Blanche-noire

Sous-jacente bleue-verte

Phosphorescente

 

Disparition de la frontière

Du ciel et de la mer

Union des contraires

Hâlo du tout

Étoile du Berger

Nuit

Voie lactée

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Partance

Une bulle de rouge

Monte dans le ciel

Bloup ! de l'horizon

Et donne la vie au jour

 

Sur une falaise verte

Un petit camion rouge

Fragiles silhouettes

D'à peine deux millimètres

 

La vie quotidienne

Des gens de la côte

Du mousse du capitaine

Du grand Dieu cercle rouge

 

Des chevaux dans les cheveux

Et les dauphins à bâbord

Les traces de craies roulées

Sur le ciel sans surface

 

Partance

Dauphin Bréhat.jpg

 

16 août 2009

Grandir

En parlant avec des gens

je me rendais compte que

tu étais celui que je connaissais le mieux

depuis le plus longtemps

 

J'ai osé le genre "meilleur ami"ce soir

j'avais beau chercher

il s'imposait à moi

Dignes énormes puissants fous

 

pauvres et riches à la fois

jaunes bleus verts et noirs

aucuns adjectifs ne nous ont fait peur

même vieux nous leurs tordons le cou

 

Je disais je t'aime beaucoup

Je disais les progrès c'est trop bien

Je disais putain quelle classe !

Camions Dictionnaires Olympias et Templiers

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à fabrice cozette

15 août 2009

J.L

11 août, à 08:16

Cher Jérome,

J'ai retrouvé ton livre de Roger Gilbert-Lecomte dans mon frigo...
Tu peux le récupérer quand tu veux.

Bien à toi,

J-L

14 août, à 14:11

Cher J-L

Quelle endroit saugrenu ... ! je passerai volontiers le reprendre mais je ne sais pas combien de temps tu restes encore à Paris, ou sinon envoie le moi, et puis non garde le je te l'offre (ce devait être l'idée ... d'ailleurs ...)! . C'était une bien belle soirée, j'ai un peu décompressé les jours d'après comme tu t'en est peut-être déjà aperçu, je reprends mes "vieilles béquilles" pour passer le plus beau des automnes et ne pas trop détruire ce que je met tant de temps à construire brinquebalament.

Hier soir je me suis rappelé que nous avions parlé d'un poème de Borges traduit par Caillois dont le titre espagnol est "el suicida" , en français nommé "le suicide" ou comme Caillois "Le suicidaire" , je connais ton intérêt pour le sujet je te l'écris donc, n'ayant trouvé que l'autre traduction en ligne :

le suicidaire

Aucune étoile ne restera dans la nuit
Ni la nuit ne restera.
Je mourrai et avec moi mourra la somme
de l'intolérable univers
J'effacerai les pyramides, les médailles,
les continents, les visages.
J'effacerai l'accumulation du passé.
Je réduirai en poussière l'histoire,
en poussière la poussière.
Je regarde le dernier coucher de soleil.
J'entends le dernier oiseau.
Je lègue le néant à personne.

J.L Borges
(trad. R.Caillois)


Je ne saurais que te recommander à nouveau l'édition bi-lingue au titre de "13 poèmes" de Borges aux éditions fata morgana ... "le remord" y "les causes" sont magnifiques et profondément touchants.

On peut donc dire que les poèmes de Roger n'en finissent pas d'être retrouvés !

très bien à toi,

jérôme-david

Neurolympien

Je suis d'un calme olympien

un calme un peu plat

et je me sens bien

au dessus de tout ça

 

Neurolympien diront certains

ça ne me dérange pas

je suis loin loin si loin

un peu par là-bas

 

Juste au-delà d'un rien

tout à côté de moi

d'un beau calme olympien

juste au dessus de toi

 

Elle me prend la main

la molécule 3

je me tiens déjà

plus droit et c'est bien

 

Je lui tiens la main

la molécule 3

celle qui fait de moi

un Neurolympien

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13 août 2009

Le couloir

J'ai trouvé très beau le couloir de l'hôpital

Avec la salle à gauche et la bonbonne d'eau

Tout est gris carrelé les chaises métalliques

La décoration est super informative

 

Quelques magazines périmés dans le vide sécurisant

Forment les tâches de couleurs d'une ancienne réalité

Dans la lenteur du couloir j'aime attendre serein

Le jeune aliéniste en charge du service

 

En ce mauvais mois d'août où les médecins disparaissent

Dans la vie commune qu'ont même les psychiatres

J'aime le gris et le vide le carrelage et le silence

 

J'aime quand je suis seul dans ce couloir qui me calme

À son bout émouvant la baie vitrée diffusait

Un espoir ou la mort la lumière du ciel blanc

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11 août 2009

Éclaicissement

D'abord je suis entré dans l'église et l'odeur des cierges m'a rempli le nez d'enfance et de passé.

J'aime le point culminant des vitraux, le triangle bleu-vert, et le christ en dessous. Je l'ai toujours aimé.

Je ne suis jamais entré dans l'église sans que mes yeux se portent là très exactement, tout en haut de la croix que forme l'église, je ne connais pas son nom.

Les touristes sont calmes, les touristes sont là.

Peut-on écrire là où les gens prient ?

Peut-on prier en écrivant ?

Je ne veux rien recevoir de vous si ce n'est vous

Un très beau bouquet rouge blanc jaune et vert

Une icône dorée un peu de travers

Un vieil homme gentil tout à sa prière

De la pierre et de la lumière

Un Christ sans croix

basilique-saint-denis.jpg

Memory full and complete desorder (Fantaisie)

La tête à la fois vide et pleine

Le désordre autour de moi

Je ne sais ce que c'est

que de vivre sans peine

Je ne connais que le fait

De vivre sans joie

En station de longues heures

Radio Télévision Française

Télécommande dark ascèse

Je voudrais leur faire payer ce bonheur

Memory full and complete desorder

Au mieux la joie ce rajoute au pire

Comme un pull mohair un éclat de rire

Sur l'absurde univers de mon existence

Comment faire en sorte que cette terrible absence

Noire cette atroce béance qui ravage et qui tue

Toute vie tout mouvement tout but

Ce renverse et s'inverse en jolie volonté

En simple légèreté et légère avancée ?

La tête à la fois vide et pleine

Je ne sais ce que c'est

que de vivre sans peine

Le désordre autour de moi

Forces en tout mais faiblesse au delà

Je connais bien le fait de vivre sans joie

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03 août 2009

Saint-Denis 1h57 (fantaisie)

Un jour je rangerai

Cette chambre brûlée

De flemme et d'inertie

Un jour je rangerai

Mais pas aujourd'hui

 

Aujourd'hui je lis

Les maîtres disparus

La grande poésie

L'anthologie nue

Un jour un jour de plus

 

Demain je rangerai

Ma chambre effondrée

Où tout est tombé

Où le sol n'est plus

Demain je rangerai

Mais pas cette nuit

 

Cette nuit j'écris

De mon lit calcaire

Mon trouble bipolaire

Plus ou moins poli

Entre un vain Paradis

Et le lointain Enfer

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