31 juillet 2009

Saint-Denis 6h15 (fantaisie)

Dans le silence du matin

La nappe de ville qui gronde

Le bruit des rêves incertains

Et les oiseaux qui leurs répondent

 

Les yeux gonflés de larmes sèches

Je sais d'oreille que l'eau boue

L'eau du café noir un peu rèche

Très très chaud préalable à tout

 

Je me soulage d'urine

Lentement emmagasinée

D'instinct je prends le verre d'hier

Mélange avec un Critérium

 

HB n°2 Bic vert

Je voulais celui avec une gomme

J'ai déjà pris ma Ventoline

je peux donc sagement fumer

 

La ville varie tout doucement

Sa jolie nappe métallique

Comme un vieux Dj allemand

Usant de filtres synthétiques

 

Sur les routes là bas ce matin

S'ajoute un avion du lointain

Grandioses fréquences vacillantes

Et les corneilles coassantes

 

En finissant la cafetière

Je repense aux lignes d'hier

À celles écritent à celles lues

Gide et Soupault je ne sais plus

 

Ah si Rimbaud Mauriac Sollers

Que des Mémoires et des Poèmes

Ces derniers jours l'histoire me berce

Et je colore mes journées blèmes

 

Au fil de pages mémorielles

Où la littérature vit

Comme le commun des mortels

Un peu comme ce que je suis

 

Bientôt 8 h et les matins

Sur France-Culture à la radio

Bientôt 8h et je vais bien

je vais boire encore un peu d'eau

 

(Saint-Denis 7h50)

criterium.jpg

30 juillet 2009

Le Dépressif heureux

Je n'irai au bout de rien

Je mourrai comme je suis venu

Abandonné voulu

Toute ma vie j'ai échoué

 

Devant la porte noire

Le rectangle vide

Où le temps s'écoule

Absent constamment

 

Je voudrais me cacher

Des oscillations

De l'inexistence

Je suis fatigué

 

Perdu et nulle part

J'ai vécu comme je partirai

À demi consolé

Devant la page blanche

 

Où le temps se fige

Devant mon reflet

Le cube d'obsidienne

Toute la vie je me suis condamné

 

Je voudrais oublier

Les révolutions

De ma vie perdue

Les dépressions nerveuses

 

J'irai jusqu'au bout

Jusqu'à la porte étrange

Où le vent repose

De l'inexistence

 

J'irai jusqu'au bout de tout

Dans le plus grand silence

Là où le temps repose

Et je m'y baignerai

odyssee 2001.JPG

S

C'est sur Henry Rollins que je m'excuse

de t'avoir dit que je n'était pas là

de t'avoir nié en même temps

au même moment je me rendait bien compte de la force que tu m'envoyais

force mise en contact avec le présent noir que je vivais

 

force de la vie force des amis

c'était très gentil et je n'ai pas répondu, et je répondrai demain

ou pas et "the end of silence" restera le plus grand disque de ma solitude

comme toi et comme moi finalement

nous sommes tous les plus grands disques de nos pauvres solitudes

 

même pas vrai, après toi, après ton message dans le vide

je m'en allais mieux mieux, comme le reste, comme le monde

j'aimerai tellement aimer

tu n'as rien à voir avec cette obsession, je t'embrasse

ici et maintenant encore et pour toujours

 

ton ami

29 juillet 2009

X

cher  ami

vraiment désolé pour toi
j'espère que tu encaisse le choc
et que le temps passant
tu surmontes cette épreuve

on a guère d'autres choix
nous les abandonnés
faire confiance au temps
ce grand médicament

Que tu aimes encore ton château
comme j'aime l'idée du livre qui s'en dégage
ils ne sont pas trop grands pour toi
même seul comme une galaxie dans le réel de l'univers

si tu le souhaites je passerai te voir avant la fin de l'été
je te parlerai des Mémoires Intérieurs et toi de livres anciens
je voudrais voir les arbres en verts au milieu des briques rouges
et raffraichir mon angoisse au moment des poètes, l'automne

F

salut

je souffre
évidemment
c'est bizarre, je maigri !
je tiens la ligne

je n'ai pas grand chose
auquel me rattaché
il y a toi fabrice et anne

c'est bizarre j'ai perdu mon ventre en un jour
depuis je m'astreint et j'aime ça
j'ai même quelque résultat

sauf pour l'amour
en même temps vous m'avez tellement donnez
anne et toi

vous voyez très bien

parent, professionnel, artiste

votre ami votre amour

l'homme sans professeur

28 juillet 2009

M

j'ai bien eu ton message
j'étais au parc un arbre dans le dos
le cul dans l'herbe dégradée des herbes de parc
au pieds des arbres

j'ai bien compris que tu avais lu ce que tu ne devais pas savoir
c'est la règle, c'est la règle du jeu
si j'avais décidé d'être poète s'était sans vous

sur le même exploit du temps
la poésie ce fait là-bas et maintenant
par moment pour toujours

et j'en garde dans la poche

n°15

Hier journée noire, je ne me souviens pas d'avoir autant pensé au suicide un seul jour de ma vie

13:29 Publié dans Épitaphe | Lien permanent | Commentaires (3)

21 juillet 2009

Radio maison

La radio débite l'histoire catalane de 36

L'expérience anarchiste son moment son échec

Plus à droite la musique fait des pas de classique éléphant

Le scherzo vient à bout de cet après-midi lourde

 

L'appareil automatique sans possibilité de deuxième image

La voix belle riche et grave d'un vieillard énergique

Le beau son reposant des productions nationales

La radio amateur souffre d'asthme chronique

 

Un parterre d'amateurs en pleine salve d'applause

Haydn était moche mais pas pire que l'affreuse radio jeune

De blancs parasites m'empèchent une émission d'Histoire

De droite vingt heures trente flash info élection tremblement

 

De terre Jérusalem sport people cinéma

Enfin parole calme riche de sens aux pourtours éraillés

Fait des ponts de sciences de dialogues et d'esprits -

Je m'allonge - générique conclusion publicité

 

maison radio.jpg

20 juillet 2009

Ö fêtes !


podcast

mathilde.png
en hommage "à" Mathilde Tixier

19 juillet 2009

Juillettiste

Les samedis soirs ne m'attirent plus

Le tour de France est dans les Alpes

Mon piano posé contre un mur

Peut être faut-il que je range ?

 

Je lis "Mémoires Intérieurs"

Dans mon appartement défait

Je bois du café, je me vide en moi

Grande misère de l'ascétisme

 

Le frigo est mort, la chasse d'eau est un seau

La douche fuit chez le voisin qui ne m'aime pas

Je ne bouge pas, j'écoute Verdi dans le désordre

Libera me Libera me.

 

Mauria7.jpg

 

Libera me, Domine, de morte æterna, in die illa tremenda, quando coeli movendi sunt et terra, dum veneris iudicare sæculum per ignem. Tremens factus sum ego et timeo, dum discussio venerit atque ventura ira. Dies illa, dies iræ, calamitatis, et miseriæ, dies magna et amara valde. Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

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