20 mars 2009

je suis un gentleman je suis un dauphin rose

Je suis un gentleman qui boit tout ce qu'il trouve même la boue d'argile et d'eaux du ciel

Je suis un dauphin rose sous l'oeil des méga-pixels

J'écoute steve reich et me remets à la recherche du temps perdu dans la pleïade 53 très écornée que le roumain m'a bradé avec l'idiot cet après-midi sous l'oeil borgne et basiliquéen de Saint-Denis

Je suis un homme charmant qui ne se presse pas, qui aime vous parler, qui ne vous presse pas

Je suis aussi une douleur sous l'oeil du dauphin rose qui s'observe et se maîtrise

Je suis un affamé qui adore les buffets à volonté

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18 mars 2009

n°13

Profitez bien de la vie, la mort n'existe pas.

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n°12

je ne suis pas poète, il n'y a que des poètes morts

15:50 Publié dans Épitaphe | Lien permanent | Commentaires (0)

11 mars 2009

n°11

Je suis fatigué, il fait noir, rien ne dure, je suis fatigué, il fait noir, rien ne dure

23:53 Publié dans Épitaphe | Lien permanent | Commentaires (1)

03 mars 2009

sonnet moderne

je n'écris plus de façon psychédélique

j'écris froid comme le métal et la pierre

je n'écris plus pour me cacher et me mentir

j'écris les mots simples d'une guerre

 

je n'écris plus comme le plus romantique du lycée

j'écris l'impact du futur dans le passé

je n'écris plus des fleuves impassibles

j'écris la réalité

 

je n'écris plus la beauté de l'ombre des cyprès sur les tombes

j'écris lyrique et froid comme le métal et la pierre

dans les cimetières

 

je n'écris plus je veux mourir

j'écris l'impact du présent dans le futur

et son infinité d'infinités

CimetAllee.JPG

01 mars 2009

Patrimoine National

 

 

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Notes sur le Poker

inédites écrites le 29 octobre 1990 à l’intention d’Alice Debord
1. Le bluff est le centre de ce jeu. Il le domine, du seul fait qu’il est permis; mais s’il domine, c’est seulement pour son ombre de personnage absent. Sa réelle intervention doit être tenue pour négligeable.

2. Le secret de la maîtrise du poker, c’est de se conduire d’abord, et autant que possible, sur les forces réelles que l’on se trouve avoir. Il ne faut certainement rien suivre très loin avec des forces médiocres. Il faut savoir employer à fond le kaïros de la force au juste moment. Il est facile de ne perdre que peu, si l’on garde toujours dominante la pensée que l’unité n’est jamais le coup, mais la partie. Il est plus difficile de gagner beaucoup au juste moment ; et c’est le secret des bons joueurs. C’est là que s’établit leur différence permanente.

3. Le mauvais joueur voit partout le bluff, et en tient compte. Le bon joueur le considère comme négligeable et suit d’abord la connaissance qu’il a de ses moyens dans chaque instant.

4. Celui qui a compris cette existence en fait purement théorique du bluff, gagnera en se guidant sur ses cartes ; et les réactions connues des adversaires. Si l’autre veut bluffer, je n’ai rien à en savoir ; et lui croira souvent au contraire que je bluff, comme il voudra, selon ses propres rêves.

5. Le rôle de la tricherie est pratiquement nul entre ceux qui s’affrontent au poker. Un bon joueur le sentira musicalement à la première étrangeté ; sera sûr à la deuxième ; par exemple, pour moi, ne pas gagner vite était déjà une étrangeté. De la même façon, et à l’inverse, dans la vie, si j’avais «gagné vite» où que ce soit, j’aurais immédiatement su que c’était, du fait même, un dangereux signal d’alarme. Je m’en suis facilement tenu à distance, toujours. Elle ne peut être démontrée. Donc, il ne faut pas en parler; il suffit de s’en éloigner systématiquement : je veux dire de cet environnement arrangé. C’est l’équivalent de ce que Sun Tsé appelait à la guerre des lieux gâtés ou détruits. («Si vous êtes dans des lieux gâtés ou détruits, n’allez pas plus avant, retournez sur vos pas, fuyez le plus promptement qu’il vous sera possible. »)

6. La vérité «la plus vraie» du poker, c’est que certains joueurs sont essentiellement toujours meilleurs que d’autres; et c’est aussi la moins reconnue.

7. Ces notes ne permettrons sûrement pas à n’importe qui de gagner au poker ; parce que n’importe qui ne peut pas les comprendre (et c’est pour cette raison, surtout, que les disciples de Clausewitz ont fait gagner très peu de batailles). Enfin, le poker aussi rencontre, quoique très partiellement, un rôle du hasard.

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